Un séjour de trois semaines dans la vallée du Vallespir nous donne une belle occasion de découvrir cette vallée pyrénéenne, frontalière de l'Espagne. Les paysages, les villages, la gastronomie, l'histoire et les traditions sont autant de découvertes pour moi et j'ai plaisir à rechercher là une recette, ici une tradition ou encore un peu d'histoire. Si cela vous dit, suivez-moi dans mes découvertes.

Après une visite aux "Ateliers du Soleil" et à la fabrique d'espadrilles "Création Catalane", deux entreprises remarquables de Saint-Laurent de Cerdans (qui méritent que je leur consacre un futur article), nous avons continué la route en direction de l'Espagne toute proche. Quelques kilomètres d'une route de montagne bordée de tapis de fleurs roses et de bouquets d'ancolies nous ont amenés à un village juste avant la frontière. Coustouges, ou Custoja de son nom catalan, nous incite à l'arrêt et nous invite à la visite.

Une placette, une belle aire de jeux, un joli "Petit Bistrot" donnent le ton mais la balade à pieds révèle bien d'autres surprises, à commencer par les noms de rues, imagés, recherchés, adaptés, humoristiques, surprenants et souriants . Jugez-vous même

Ici on devait se compter fleurette les soirs d'été.

Là se cachaient ceux qui préféraient regarder de loin,..

Cette plaque nous rappelle que le village était, comme Saint Laurent de Cerdans, spécilalisé dans la fabrication des espadrilles et des vigatanes (les espadrilles à lacets des danseurs de cerdane)  lorsque les mines de fer de la vallée ont fermé et qu'il fallait bien trouver du travail aux centaines de familles de la vallée désormais sans ressources. Une fabrique subsista quand même jusqu'en 1979.

Coustouges était à l'époque romaine situé sur une voie de passage. La voie Vallespirani  passait par le col de Coustouges l'une des deux voies de franchissement des Pyrénées (avec le Perthus) et, ayant traversé le Tech remontait sur l'autre versant vers Corsavy et la tour de Batère pour rejoindre la vallée du Tët. Une garnison gardait probablement la voie, d'où le nom Custodia qui signifie poste de garde.

Le traité de paix signé avec l'Espagne en 1659, en attribuant le Roussillon à la France, coupa les liens entre Coustouges et les villages espagnols les plus proches, faisant ainsi le bonheur des contrebandiers et ceci jusqu'au XXème siècle. Les maisons témoignent d'ailleurs d'une certaine richesse qui contraste avec celle des villages de la vallée.

En 1939, lors de la Retirada, Coustouges fût comme Prats de Mollo, un lieu de passage et  d'accueil des républicains espagnols chassés par les franquistes. Ils furent 70 000 réfugiés.

Autour de l'église, un lieu sacré, un espace carré mesurant 30m de côté selon la tradition) sert également de cimetière.

L'église Sainte Marie est le monument essentiel du village. Son haut clocher en forme de tour avait une vocation défensive.

La légende laisse à penser que l'église aurait été construite en 370. Ce qui est plus certain , c'est qu'elle existait en 984 et qu'elle fut consacrée à Marie au XXème siècle. C'est une belle église romane dont la voûte du portail est remarquablement sculpté.

 

La grille de fer forgé ouvragé séparant le choeur de la nef est lui aussi remarquable

Dans une niche, derrière l'autel, une vierge à l'enfant ,habillée de blanc immaculé, veille sur la nef. Chaque année, les coustougiens confectionne une nouvelle robe et habillent les statues de neuf.

 

Une coutume locale réglait le problème, si compliqué de nos jours, du choix du prénom du nouveau-né.

Lorsqu'une femme attendait un enfant, on tirait au sort un des douzes batons de sureau conservés dans une boîte dans la vitrine des apôtres. Chaque bâton creux contenait un papier où était inscrit le nom d'un des douze apôtres. Le nouveau-né mâle serait baptisé du nom de l'apôtre tiré au sort. Si c'était une fille, elle s'apellerait, invariablement... Marie.

 

http://www.jeantosti.com/villages/coustouges.htm

La massive porte de l'église est ornée de ferrures médiévales magnifiques.

 

 

La route s'arrêta à Coustouges, seuls des sentiers permettaient le passage en Espagne. Aujourd'hui c'est une belle route qui nous incite à aller plus loin et c'est une bien belle idée que de prolonger la promenade car les paysages sont superbes. Les genets colorent en jaunes les flancs des montagnes. Le regard porte loin sur un horizon dentelé. Après quelques virages on arrive dans un village, tout propre où nous ferons quelques achats.

Le pont qui relie la France et l'Espagne ne date que de 1995 comme en témoigne l'article de presse en lien ci-dessous.

http://www.lindependant.fr/2015/07/15/coustouges-un-village-en-fete-pour-les-20-ans-de-son-pont,2059654.php

Je vous souhaite une belle semaine et vous donne rendez-vous bientôt pour découvrir un autre aspect du Vallespir.

Coustouges en Haut-Vallespir
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