Quand il pleut, on visite les musées, les églises, les abbayes... et c'est souvent une bonne idée.

Sainte Marie d'Arles sur Tech est la plus ancienne Abbaye Carolingienne de Catalogne. De l'extérieur on ne voit que les hautes tours carrées qui émergent au dessus des toits de la ville et on ne sait pas bien par où y pénétrer. Son  entrée est celle de l'office du tourisme ce qui ne la met guère en valeur mais passé la lourde porte qui ouvre sur le cloître, la grande simplicité de la construction gothique confère une sérénité certaine au lieu.

L'origine de l'abbaye date de l'époque de Charlemagne (vers 780). Il venait de réussir à repousser les sarrazins au delà des Pyrénées et cherchait à repeupler la région qui avait été complétement abandonnée par les Wisigoths.  C'est par la chrétienté qu'il choisit de ramener les populations dans cette vallée, porte ouverte vers les chemins de Compostelle.

Quelques temps auparavant, Castellanus, un moine ermite espagnol s'était installé dans les ruines des thermes romains d'Arles (sur l'emplacement actuel des thermes romains d'Amélie-les-bains Palalda). Mais, les Normands, envahisseurs, menaçaient sa tranquilité. Il chercha donc un endroit plus sûr et s'installa plus amont dans la vallée, à l'emplacement actuel, profitant de vieilles ruines d'autres thermes romains. Il s'entourra de quelques moines et, ensemble, ils adoptèrent la règle de vie de Saint Benoit. Le monastère  bénédictin était né. 

Notez au passage la couleur du ciel et que si toute la France est sous le soleil et des températures estivales nous vivons ici entre pluie, orage, crachin, vent d'autan et tramontane.  

 Un peu plus tard, l'abbaye sera dirifée par l'Abbé Suniferd. Il appartient à la famille comtale ce qui lui permet d'obtenir protection, subsides et donations. Les comtes de Barcelone puis les rois d'Aragon ont également permis l'essor de l'abbaye qui prit une grande importance au Moyen-Age. Sa position, au pied du Canigou, la met en concurrence avec d'autres abbayes comme Saint Michel de Cuxa et Saint Martin du Canigou situées, elles, sur l'autre versant.

Les temps ne sont pas sûrs et ils faut se protéger.De solides tours carrées viennent compléter les clochers-tours de l'église (Il n'en subsiste qu'un aujourdhui) .

La Révolution a comme partout entrainé son abandon par les six derniers moines. L'église devint église paroissiale et les biens attenants furent vendus ce qui donne aujourd'hui une imbrication peu commune de maisons dans les murs de l'abbaye.

Le cloître tel qu'on le voit aujourd'hui date de la fin du XIIIème siècle. Il est construit en partie en marbre blanc de Céret ce qui a permis de réaliser des colonnes fines qui donnent une grande élégance à l'ensemble. C'est un exemple unique de l'art gothique en Languedoc.

La Creu del grà (la croix du grain), témoigne de l'habileté des forgerons catalans. La boule située à l'intérieur est particulièrement complexe à réaliser. Elle date du XVIème. Le verrou de la porte qui communique avec la place de l'église est également un beau travail. On remarque au passage que l'abbaye communiquait facilement avec le village. J'aurais l'occasion de vous en reparler dans un prochain billet ainsi que de l'église et de la Rodella.

En attendant , je vous souhaite un beau week-end de Pentecôte.

Merci de votre passage par ici

Deux  beaux ouvrages de ferronnerie
Deux  beaux ouvrages de ferronnerie
Deux  beaux ouvrages de ferronnerie

Deux beaux ouvrages de ferronnerie

Retour à l'accueil