Dans un précédent article (clic ICI ) je parle de la voie romaine qui arrivait à Coustouges, traversait la vallée du Tech pour rejoindre Batère avant de pénétrer dans la vallée du Têt. C'est donc une balade vers la tour de Batère, emblème de l'architecture médiévale en Haut Vallespir  que je vous propose aujourd'hui. 

A la sortie d'Arles sur Tech, une belle route sinueuse monte au joli village de Corsavy. En continuant la montée sur le contreforts suds du Canigou, on traverse de jolis paysages.de forêts de chênes-liège d'abord, d'acacias en fleurs ensuite puis se succèdent la végétation étagée des pentes montagneuses, la forêt de sapins qui se parsème de cerisiers sauvages suivie des pâturages d'estive.

A chaque passage, nous avons rencontré un troupeau de mouton qui occupe la route en toute tranquilité. Ils nous font clairement comprendre que le territoire leur appartient.

En ce mois de mai les cerisiers sauvages commençaient leur floraison et illuminaient les pentes du Canigou d'une légère couverture aérienne d'un blanc floconneux.

Côté Nord, la tour de Batère se dessine .

La tour de Batère a porté le nom de Tour de la Porte du nom du col qu'elle protège.

Les pâturages sont peu à peu remplacés par la forêt dont les arbres morts dessinent des sculptures inattendues.

La tour de Batère est une tour à signaux probablement construite par les rois de Majorque vers 1340 pour se protéger des attaques des rois d'Aragon qui mirent  fin au royaume de Majorque. Elle a d'abord porté le nom de Tour de la Porte du nom du Col qu'elle protège.

 

 

La tour de Batère

 

La tour de Batère

Ronde et d'un diamètre de 10 mètres , elle comprenait deux étages et une citerne.  Les murs de 3 mètres protégeaient une seule et unique pièce par étage chauffée par une cheminée et accessible par une ouverture située à 3 mètres du sol pour éviter l'invasion.

Les tours à signaux ont été de redoutables moyens de défense

La tour avait pour but de relayer des signaux en lien avec les tours de Corsavy, de Montferrer et de Serralongue.

Une garnison de 6 hommes pouvait y vivre et soutenir un siège. avec un équipement très spartiate 

  • pour l'équipement « 6 arbalètes à étrier, 6 crocs, 2 caisses de carreaux pour arbalète, 6 casques de fer ou heaumes, 6 cuirasses, 6 boucliers »
  • pour ration« Deux barils d’eau pour 60 jours, 260 litres de vin (1/4 litre par homme et par jour pendant 2 mois), 1 baril de vinaigre, de la farine de froment et de seigle pour faire 1 kg de pain par homme et par jour »

Malgré ces conditions spartiates, elle fut occupée dans ces conditions pendant une centaine d'année.

Le système de communication se faisait avec de la fumée dans la journée ou des brasiers dans la  nuit, probablement avec de feux de paille sur le toit .

 « Si on voit un ennemi s’approcher on doit faire un feu de nuit, une fumée de jour pour chaque centaine d’hommes. La place la plus proche du lieu de l’invasion doit agir en sorte que le signal parvienne à Perpignan. Perpignan doit avertir les autres places royales (Rodès, Tautavel, Força real, Opoul). Par l’intermédiaire de la tour de Madeloch, on doit également alerter au sud le château royal de Peralda (Figuere) et toute la Catalogne ».  

Au Nord la vue porte loin vers le Conflent et les Corbières.

Par sa situation dominant les vallées du Tech au Sud et du Têt au Nord, Batère est une des tours principales du système de surveillance mis en place protégeant successivement des attaques venant d'Espagne et de France.

Au cours de la descente quelques rares vues sur le massif du Canigou et de magnifiques cerisiers sauvages tout en fleurs.

Un joli passage rocheux joue l'équilibriste.

Les tours à signaux sont nombreuses formant un réseau efficace de communication. 

A très bientôt pour de nouvelles balades en Vallespir.

Retour à l'accueil