La Vallée du Conflent ne manque pas de sites d'intérêt majeurs mais il en est un, incontournable, l'Abbaye Saint Martin du Canigou.  On l'a forcément vu quelque part sur une photo, un dessin, ou une esquisse. Les documents touristiques invitent à la découverte de ce lieu, célèbre par son emplacement perché sur un nid d'aigle vertigineux, au coeur même du massif du Canigou.

Mais la visite ne s'improvise pas!  L'an passé nous étions passés trop  tard en soirée pour le visiter aussi cette année nous avions prévu le temps nécessaire à la visite. Il faut en effet prévoir le temps d'accès ( trois quarts d'heure de marche très pentue pour l'aller, quasiment autant pour redescendre, 20 minutes pour une petite grimpette pour admirer une vue à couper le souffle et une heure pour la visite ( à heures fixes donc il vaut mieux bien calculer son horaire) mais tout ceci pris en compte, c'est une visite marquante par la beauté et la sérénité du lieu.

Ce dimanche matin, la journée s'annonce belle. Ceret, Le Boulou, Thuir, L'Ile sur TËT Prades, Vernet les Bains et Castell. Nous y voilà. Une heure trente pour nous retrouver à 10km à vol d'oiseau de notre lieu de séjour, là juste de l'autre côté du Canigou.

De nombreuses randonnées partent de Castell. Cest aussi un des points de départ des voies d'accès au sommet du Canigou.

Ces randonneurs viennent probablement de faire une belle sortie . Ils vont se rafraichir dans le café tout proche.

.Ils auraient pu jeter un oeil dans la petite église du village. Ils y auraient découvert le plafond décoré par un artiste contemporain.

Au pied de la route qui conduit à l'abbaye, une pancarte détaillée nous permet de vérifier les horaires de visite et de fermeture.  La route cimentée est fermée à la circulation automobile. Elle est étroite et grimpe hardiment entre les falaises rocheuses.

La végétation de maquis ne procure pas beaucoup d'ombre et le soleil est au zénith. Chapeaux et bouteilles d'eau sont de rigueur. Quelques rares cystes égaient le parcours.

 

Nous croisons de nombreux visiteurs qui saluent et encouragent d'un sourire ou d'un mot aimable.

Les lacets qui s'enchanent ne nous laissent rien deviner de la suite et on commence à trouver le chemin un peu long. Une belle échapée laisse à voir toute la vallée et Vernet les Bains.

Heureusement l'ancienne église Saint Martin le Vieux nous appelle pour une halte bienvenue. Il s'agit de l'ancienne église paroissiale construite sur les ruines du château féodal mais délaissée dès les XIIème siècle au profit de l'église du village plus facile d'accès. On comprend les paroissiens...

Totalement délaissée elle est à l'état de ruines quand, en 1978, elle est reconstruite avec une belle abside en cul de four.

A partir de maintenant, la forêt devient plus dense et l'ombre est agréable.  L'environnement rocheux est assez chaotique, procurant des compositions inattendues spectaculaires.

Après trois quarts d'heure  de marche et il faut bien dire avec un peu d'impatience, nous découvrons à la lisière entre ciel et forêt, la silhouette d'un clocher. L'effort touche à sa fin.

La boutique est fermée, elle n'ouvrira que quelques minutes avant la visite de 15h. Le lieu est calme et apaisant, cette attente est bienvenue pour profiter de la sérénité de l'endroit. De jolis chemins en sous bois appellent à faire quelques pas et des bancs (peu confortables, il faut bien le dire) sont quand même les bienvenus. 

Le temps de relire l'histoire de l'abbaye, histoire de mieux s'imprégner du lieu, de se désaltérer (c'est indispensable) et la boutique de souvenirs et de vente de billets ouvre sa porte. 

Mais avant de pénétrer dans l'abbaye, révisons un peu

Qui était Saint Martin?

L'abbaye fût dédiée à Saint-Martin,  Saint Martin le miséricordieux est un des Saints les plus connus de la chrétienté. Evêque de Tours, il est toujours représenté, tranchant son manteau avec son épée, pour en donner la moitié à un pauvre transi de froid. la statue de bois qui surplombe l'entrée de l'abbaye rappelle cet épisode célèbre.

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Mais à bien y réfléchir, cet acte colle  bien mal avec la charité chrétienne qui aurait voulu qu'il donne son manteau entier. Pourtant Martin était un homme foncièrement charitable. Alors savez vous pourquoi il a fait ce geste?

 

Le manteau de Saint-Martin

Martin, né  dans l'Empire romain était un soldat dans l'armée romaine et le resta pendant une vingtaine d'années. Il fut envoyé en mission à Amiens et c'est là que ce passa cet épisode célèbre de sa vie. L'armée romaine peu riche ne fournissait a ses soldats que de légers manteaux. Charge à ceux-ci de les doubler de pelisse à leurs frais pour mieux se protéger des rigeurs de l'hiver. Ce que fit Martin.

Martin considéra donc qu'il ne pouvait pas donner au pauvre la partie payée par l'armée romaine. Il choisit donc de lui donner la doublure. L'épée relève de la légende construite par son ami Sulpice-Sévère. 

La chapelle et les Capétiens

Martin fût rapidement vénéré et son manteau, sa c(h)ape, devint l'objet d'une vénération si profonde qu'on l'envoya à Charlemagne. Elle fur portée en bannière pendant les batailles puis exposée dans une salle : la chapelle.

Cette cape  fut aussi à l'origine du nom Capet et de la lignée des Capétiens comme symbole de l'unité franque

L'été de la Saint-Martin

Martin est mort le 8 novembre 397 à Candes sur les bords de la Loire.  L'évêque  de Tours revendiqua le droit de conserver son corps en relique mais l'église de Candes ne l'entendait pas ainsi et refusait de rendre le corps . Une expédition nocturne fût donc organisée de nuit.

Le corps de Martin fût rapporté à Tours et on dit sur sur son passage les fleurs se sont mises à refleurir. C'était l'été de la Saint-Martin en plein mois de novembre.

On parle toujours de l'été de la Saint-Martin lorsqu'en automne des jours plus doux font une pause dans l'automne.

Voilà nous sommes prêts à visiter ce lieu si particulier.

Merci de votre visite

Passez des belles journées ensoleillées ici ou là

 

 

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