Nous voici de retour en Pays Catalan Nous attendions ce moment avec beaucoup d'impatience, tant pour trouver calme et repos et nous faire chouchouter par le personnel attentif des Thermes que pour reprendre nos après-midi de découverte de la région.

Et elle est riche cette région! Riche de ses paysages avec le Canigou qui joue le plus souvent à cache cache avec les nuages, les massifs des Albères et des Aspres. Riche de son patrimoine. Riche de ses traditions et et de sa culture. Bref, riche de découvertes variées, souvent passionnantes, parfois émouvantes toujours intéressantes.

Cet après midi, le temps est pour le moins mitigé. Nous n'irons donc pas bien loin.  L'ermitage Saint Ferréol sera un bon point de départ.

l'ermitage Saint Férréol de Ceret

Partant du pont du diable de Céret dont je vous reparlerai, il suffit de parcourir quelques kilomètres à travers les cerisaies ( c'est la pleine saison des cerises à Ceret) et les forêts de chènes-liège qui recouvrent les contreforts du Canigou pour atteindre l'ermitage. Il occupe un espace rocheux dominant la vallée du Roussillon. La vue y est magnifique même si aujourd'hui le soleil boude un  peu.

De la terrasse, par dessus les forêts de chênes-liège, les champs d'oliviers et les genêts en fleurs, le regard découvre d'un côté le massif des Aspres et de l'autre, le Roussillon et  la Méditerranée.

L'ermitage comprend une chapelle datée du XIIIème siècle et de bâtiments récents alentours. Elle fût construite par les moines bénédictins de l'abbaye d'Arles sur Tech, sur l'emplacement d'un ancien oratoire pour abriter les reliques de Saint-Ferréol. Un ermite vint ensuite s'installer dans le petit bâtiment attenant. Cela dura jusqu'au XXème siècle.

 

Le succès de l'ermitage continua à se développer. Les pèlerins devenant de plus en plus nombreux, la mince source de cet environnement rocheux ne suffit plus à satisfaire aux besoins des pèlerins et l'eau vint à manquer. On y aménagea donc une fontaine et on y construisit des bâtiments d'accueil des pèlerins plus vastes.

A l'intérieur de la chapelle, le retable en bois polychrome est remarquable mais ce sont les  ex-voto qui occupent tout un pan de mur et de l'autre côté les nombreuses grâces, cannes et béquilles qui retiennent l'attention.

Ermitage Saint Férréol de Ceret

 

Une paire de chaussures orthopédiques pour enfant est un témoignage touchant de la reconnaissance au Saint qui m'incite à en savoir plus sur lui. 

Un petit peu d'histoire pour comprendre 

(sources documentaires locales et sites internet documentés mais sujettes à interprétation)

  • Saint Ferréol vécut vers le IIIème siècle. Né à Vienne dans une famille noble et chrétienne, il s'engagea dans une carrière militaire. Son sérieux fit qu'il fût nommé tribun (ce qui pourrait correspondre au grade actuel de colonel). Il ne cessa de faire du prosélytisme pour la religion catholique ce qui était fort mal vu de ses supérieurs. Aussi lorsque l'empereur Domitien ordonna la persécution des chrétiens, Ferréol désobeit et fût donc à son tour sommé de se consacrer au culte des idoles. Refusant, il fût emprisonné. Evadé et repris, il est finalement tué et enterré à Vienne. Sa tombe devint rapidement un lieu de recueil au regard des guérisons, en particulier de paralytiques, qui y sont constatées. il est alors sanctifié. 
  • Au XIème siècle, sa tombe est menacée par les barbares allobroges. On décide donc de transporter ses reliques dans l'abbaye de Moissac considérée plus sûre. Les guérisons continuent, Grégoire de Tours attestant lui même de sa propre guérison. On rapporte aussi que la ville de Montauban, décimée par la peste avait perdu 8000 de ses habitants. Desespérés, les autorités décident de mener le reste de la population en procession à prier Saint Ferréol. L'épidémie cesse immédiatement.
  • Au XIIIème siècle, un nouvel épisode vint troubler la quiétude des reliques du Saint. La guerre des Albigeois le menace à nouveau. On cherche un lieu sûr. Ce sera Ceret, choisi en raison de la ferveur connue des ceretans pour le Saint. Les aplechs (processions) se succèdaient et le lieu devient trop exigu pour accueillir tous les pélerins. On construit donc des bâtiments pour abriter la foule lors des célébrations.

 

  • Le lieu prit le nom d'ermitage en 1688 ce qui fût un des tout premiers de la région. Il le resta jusqu'au XXème siècle. Des célébrations ont lieu les lundis de Pâques et le Saint est vénéré chaque 18 septembre.

 

  • Ses reliques sont conservées ainsi que celles de son ami Saint Julien dans des bustes en bois exposés lors des célébrations. il est toujours représenté dans son costume de tribun.

photo du net

Le lieu a une situation exceptionnelle et une vue magnifique et mérite une visite sur le chemin d'autres belles découvertes.

Fermons la lourde porte et continuons notre balade vers Thuir et Castelnou pour de nouvelles découvertes.

La chapelle Saint-Ferréol de Céret

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