Pau est une ville célèbre par sa position au pied des Pyrénées et gràce à son roi bien-aimé Henri IV. On a tous appris (et parfois oublié) que le bon roy Henri est né au château de Pau , que son berceau était fait d'une coque de tortue, qu'il a été baptisé avec quelques gouttes de Jurançon sur les lèvres et que et que.... La grande et le petite histoire se bousculent un peu.

On sait moins qu'à Pau, un autre roi, tout aussi célèbre, est né deux cents ans plus tard..

Rue Tran, à quelques encablures du château, Jean baptiste Bernadotte est né le 26 janvier 1763. Il va connaitre une vie pour le moins extraordinaire.​

 

Jean Baptiste Bernadotte est le cinquième enfant de la famille qui occupait le second étage de cette vaste maison traditionnelle béarnaise.

 

 

Son père modeste procureur souhaitait que, comme lui, il s'engage dans des études de droit ce qu'il fit à 15 ans mais Jean Baptiste n'aimait pas trop les études. A la mort de son père, il a 17 ans, il se sent libre et s'engage comme soldat dans l'infanterie au régiment de" Royal la Marine" .

Il se distingue par ses faits d'armes et son courage et devient rapdement sergent mais sa qualité de roturier ne lui permet pas d'accèder au grade d'officier.  L'avenir lui donnera les conditions d'une progression fulgurante.

 

 

La révolution éclate et Bernadotte se distingue aux armées du Rhin de "Sambre et Meuse". Il est fait général. En Italie, il cotoie le général Bonaparte, l'estime mais leurs rapports seront toujours très  difficiles.

Il est fait ambassadeur de France en Autriche mais des émeutes le renvoient à Paris où il rencontre et épouse Désirée, l'ancienne fiancée de Bonaparte ce qui n'arrangera pas leurs rapports.Leur fils unique Oscar nait rapidement. Il est cependant nommé Ministre de la Guerre.

Après s'être prononcé contre Bonaparte en refusant de le soutenir dans le coup d'état du 18 brumaire, il se rallie enfin en 1804 à Napoléon devenu empereur. Il ne lui tient pas rigueur du passé et le fait maréchal et prince de Pontecorvo (titre toujours en vigueur).

Il participera aux campagnes napoléonniennes et à Lübeck il aura une attitude bienveillante pour les prisonniers suédois ce qui aura une importance capitale par la suite. Mais c'est aussi à cette époque que sa disgrâce aux yeux de l'Empereur se précise.

 

C'est alors qu'on lui propose pour des raisons politiques de participer à l'élection du prince héritier de Suède. Napoléon accepte (document conservé au musée) et, contre toute attente,il est élu par la Diète de Suède, porté par l'image de bienveillance qu'il avait eu précedemment pour les prisonnier suédois.

 

Il part donc pour Stockholm où il devient régent du pays. Le roi Charles XIII décide de l'adopter. A sa mort, Bernadotte lui succède. Il refuse d'accompagner Napoléon dans sa calamiteuse campagne de Russie mais envahit le Danemark et le force à céder la Norvège. C'est à ce moment qu'il engage le Suède dans la neutralité qui est aujourd'hui encore sa position.

A la mort de sont père adoptif, en 1818, Bernadotte devient roi de Suède et de Norvége sous le nom de Charles XIV de Suède.

 

 

Il est mort en 1844 et son fils Oscar lui a succédé. 

 

Depuis la famille Bernadotte est toujours au pouvoir en Suède. L'actuel roi  Charles XVI Gustave est le septième de la dynastie.

 

La maison natale de Bernadotte permet de se représenter la manière dont vivait une famille bourgeoise béarnaise. Elle comprend de vastes et hautes pièces meublées de beaux meubles locaux.

               

              

 

 

Elle présente également divers objets personnels et surtout de nombreuses illustrations qui renseigent sur la vie riche de cette homme et de sa famille.

 

 

    

 

            

 

La maison est il est vrai peu entretenue et la reine de Suède a fait savoir au maire de Pau qu'elle considérait que la maison natale de leur ancêtres n'était pas à la hauteur de ce que pouvait attendre une famille royale. Des travaux prochains sont annoncés. Il est tout à fait vrai que le qualificatif le mieux adapté pour pour ce musée est : poussiéreux, ce qui est dommage au vue des documents et objets qu'il contient. 

La princesse héritière de Suède et son mari lors de sa visite du musée. (photo du net)

Il est néanmoins intéressant d'ouvrir cette page méconnue de ce béarnais que rien ne prédestinait à devenir Maréchal d'Empire puis roi de Suède et de Norvége.

La petite histoire dit que lorsqu'il était jeune, il s'était fait tatouer sur le bras: " Mort aux rois"

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